La technique du pisé

Le pisé est un procédé de construction de murs en terre crue, compactée dans un coffrage en couches successives à l’aide d’un pilon (ou dame, pisoir, pisou).

La terre utilisée était généralement extraite dans l’environnement immédiat de la construction, ou issue du décaissage du terrain pour réaliser une cave. Depuis les années Mille neuf cent quatre vingt, aux quatre coins du monde, le pisé connaît un grand renouveau.

Les modes de préparation et d’acheminement de la terre, les coffrages et les outils de compactage se sont modernisés, entraînant aussi une évolution des systèmes constructifs et de l’architecture traditionnels.

Les vieux murs en pisé portent plusieurs signes distinctifs.

Ils ont des stries horizontales, de deux sortes :

(a) Sur le plan horizontal, tous les 10 à 15 cm, on distingue les couches de damage, toujours plus denses en haut que dans leur partie inférieure.

(b) Les limites verticales entre les banchées sont souvent marquées par un joint, continu ou non dans l’épaisseur du mur ; il est souvent fait d’un lit ou d’un cordon de mortier de chaux.

Les murs ont des trous de quelques centimètres de diamètre, alignés de façon régulière en bas de chaque banchée, rebouchés ou non avec un mortier de chaux. Il s’agit des trous de « boulin » laissés par les traverses en bois, appelées clés, qui supportaient les banches.

Les murs en pisé présentent également des stries verticales ou obliques : si les banches étaient fermées par des planches, appelées fond de banche, la limite entre deux banchées voisines est verticale et parfois difficile à distinguer. En l’absence de fond de banche, la terre est arrêtée latéralement grâce à un plan incliné, qui reçoit ensuite un cordon de chaux.

Le pisé s’élève normalement sur une assise maçonnée de galets ou de moellons de pierre, selon les ressources de la géologie locale.

Les ouvertures d’origine dans le pisé sont la plupart du temps superposées verticalement. Les encadrements, en bois ou en briques ne se trouvent que du côté extérieur. Ils ne dépassent jamais le nu du mur à cause du coffrage qui les enserre.

Les parties les plus exposées des murs, angles et encadrements, sont souvent renforcés, soit par des lits de mortier de chaux horizontaux plus rapprochés ou triangulaires en forme de « sapin », soit par des briques cuites, du béton de mâchefer ou du béton de ciment Portland.

Enfin, les vieux murs en pisé ont du fruit, c’est-à-dire que la base du mur est plus large que le haut du mur. Ce fruit contribue à la stabilité et aussi à une légère réduction des charges.

Observés de près, les murs en pisé diffèrent les uns des autres, car ils sont révélateurs du type de sol employé pour leur construction.

Constituée de dépôts fluviatiles et glaciaires de l’ère quaternaire, la terre à pisé est issue du transport de matériaux depuis les massifs montagneux (Alpes, Massif Central et Pyrénées) et dans les vallées drainées par les glaciers et les fleuves. Ces matériaux redéposés dans les avant-pays sur des territoires remaniés sont très hétérogènes et de granularités et couleurs changeantes selon les villages et les régions.

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Le pisé de tradition

En Dauphiné, terre de grande culture de pisé, la terre est mise en place par le charpentier souvent aidé du paysan. En effet ce n’est pas le travail d’un maçon car le charpentier livre la maison couverte de son chapeau protecteur, la toiture.

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Un béton de terre

Un bâtiment en pisé constitue une structure monolithique proche de celle d’un ouvrage en béton banché. Certains nomment d’ailleurs le pisé « béton de terre ».

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Origine et mise en œuvre de la terre

Contrairement à toutes les autres techniques de construction en terre, la terre à pisé n’est pas mise en œuvre après ajout d’eau, elle n’est donc pas mise en œuvre à l’état plastique. Au contraire, la terre doit seulement être légèrement humide, juste assez pour que l’argile puisse glisser et coller l’ensemble des grains inertes, soit les sables et les cailloux enrobés par la fraction fine argileuse de la terre. Trop d’eau empêcherait une bonne compression de la terre.

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Patrimoine en pisé en France et ailleurs

La plus forte concentration d’anciens bâtiments en pisé en France se trouve dans le Bas-Dauphiné, de Voiron à Lyon et de St-Genis-sur Guiers à Roussillon. Elle est limitée à l’est par les contreforts calcaires de la Chartreuse et du Bugey. Mais cette zone principale de l’architecture du pisé en France s’étend vers l’ouest jusqu’aux Monts du Lyonnais et jusqu’au Forez, au nord, au-delà de Roanne, de Villefranche-sur-Saône et de Bourg-en-Bresse, au sud jusqu’à Tournon et au-delà de Valence jusque dans la région d’Avignon ainsi qu’au sud de la vallée de la Durance (Village de Charleval). On trouve même quelques exemples de pisé ancien en région Midi Pyrénées.

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Le pisé moderne

Le procédé moderne de tassement de la terre dans des banches se fait au moyen de fouloirs pneumatiques couplés à des compresseurs d’air, outils dérivés de l’industrie de la fonderie pour la confection de moules en sable stabilisé.

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